Qu'est-ce qu'un bon blog critic d'art ? Est-ce celui qui connait tout de l'histoire de l'art et vous refourgue ses connaissances intelligentes ? Celui qui a potassé son sujet et vous écrit un article mirifique ? Et quoi de plus facile de trouver les bonnes clés pour parler de Klee. Faut-il vanter la marchandise et pousser le public à filer sur le Centre Pompidou ? Bon, ben, c'est pas moi qui vais refaire l'excellent catalogue sur L'ironie à l'oeuvre à 9€50 (que j'ai eu à 9€02). Mais que vais-bien pouvoir raconter d'original ? Eh bien, rien.
Je pensais que c'était une bonne idée de débarquer sur la piazza Beaubourg vers 11h30 après l'ouverture. Manqué ! Il y avait déjà une foule immense samedi qui faisait la queue. Qu'importe ? j'avais mon passe.... Encore manqué, il y avait aussi la queue à l'entrée prioritaire. Failli abandonner Klee là sur le champ. Et puis, me suis-je dit, j'avais le temps, le temps de quoi ? Je ne sais plus. Et puis ,j'ai trouvé la parade contre les files d'attente, j'ai ma liseuse dans la poche et je me suis mis à lire Te laisser partir, le très bon thriller à la mode. Et j'étais dans la place un quart d'heure-vingt minutes plus tard. Je sais, vous vous en foutez et vous voulez que je cause de l'expo mais quelque part, l'expo, c'est aussi ça. Quel journal vous parle de la queue interminable que vous faîtes au Grand Palais ?
Ouf ! Y avait pas grand monde au vestiaire pour déposer mon sac à dos (il me le refuse une fois sur deux au passage des billets). Je file au 6ème étage, tous les escalators fonctionnent et il y a toujours autant de grues dans le paysage parisien. Subrepticement je me faufile à travers un groupe pour arriver avant lui et je zigzague avec une fillette dans le labyrinthe qui mène à l'entrée. La controleuse est au téléphone, "la jauge est presque atteinte" et il y a un groupe de 23 personnes, entends-je en refilant mon passe au nez et à la barbe du chef de groupe. Me voilà dans la place.
Et comme la jauge est atteinte, c'est qu'il y a du monde et des conférenciers. Pas facile de zyeuter les oeuvres et j'ai un peu de mal au début à m'intéresser aux tableaux et aux dessins de Paul Klee.
En plus, je suis toujours embêté avec mon Coolpix qui lance son rayon laser rouge pour faire la mise au point (je m'étais fait engueuler au LAM par un gardien qui ne voulait rien savoir, pas de flash. Mais c'est pas un flash et bla bla bla). En désespoir de cause, je l'ai rangé et j'ai sorti le petit Lumix sur lequel j'ai pu débrayer le rayon laser rouge. Et paf ! l'acte manqué, je me trompe de bouton et je balance un coup de flash. Quel c.. !
Vous comprendrez aisément que je n'étais pas trop dans l'expo à ce moment-là. Bien triste comportement pour un blog critic d'art.
Et puis là, une petite maison bleue. J'y étais !!! Du moins pas encore car le tableau n'était pas photographiable. Zut ! Faudra que j'aille le dénicher sur le Net.

Le Niesen.

Puis tout s'est enchainé, les petits poissons et les tableaux oniriques. Sauf que, y avait plein de reflets dans les vitres protectrices des tableaux et que ça en était très désagréable. Encore un tableau à chercher sur Internet.

Féerie de poissons.

Des sentiers colorés à perte de vue. De bien belles oeuvres (mais aussi d'autres plus critiquables). Dont celle-ci. Oh ! P..., j'avais pas vu qu'elle n'était pas photographiable non plus. C'est là en écrivant mon billet de blog que je m'en rends compte. Désolé.

Chemin principal et chemins.

Dans une vitrine, il y avait une adorable carte postale que j'aurais bien envoyée à qui vous savez (en fait, vous ne pouvez pas le savoir).

Carte postale pour l'exposition du Bauhaus, Le Coté Joyeux.

Et des fleurs quelque peu tordues.

Fleurs des cavernes.

Des petits carrés de couleurs, des funambules et des Sorcières de la forêt :

Et même un Archange. Mais je triche beaucoup car pendant ma visite, je n'ai pas vraiment regardé ou retenu les titres. J'ai même pas pris de notes. Shamed on me. C'est maintenant au moment où je tape mon texte que je relève tous les cartels.

Sauf celui-ci : Chant d'amour à la nouvelle lune, mon tableau préféré du jour. Je l'offre à la femme que j'aime. Bien que je ne sache plus très bien qui est la femme que j'aime. C'est juste une figure de style.

Puis sur la fin, l'ironie de Klee devenait plus tristounette. La guerre, la maladie avec des titres moins réjouissants : Rayé de la liste, Explosion de peur, Détresse causée par l'aridité etc. Je garderai La belle jardinière plus gaie:

Enfin, la toile testament de Klee, Insula dulcamara, le plus grand tableau du peintre.
Que voit-on lors d'une expo ? Que retient-on d'une exposition ? Un tableau plein de reflets aux teintes assez douces alors que les repros sont plutôt agressives. Celle du catalogue est sur deux pages mangée par la reliure.

Entrée : 14€. Jusqu'au 1er Août.
"Nul n'a besoin d'ironiser à mes dépens, je m'en charge moi-même." (Paul Klee).

Article connexe : Main Tenant.