08 septembre 2009
Encore un bon photographe de plus
"C’est par la carte postale que je suis arrivé à la photographie", disait Albert Monier dont l'Orangerie du Sénat présente une exposition de 60 photographies : "Le Monde en noir et blanc" (avec quelques beaux clichés couleurs quand même !). Moins connu que Doisneau ou Ronis, Monier n'en demeure pas moins un bon photographe de l'époque des "pictorialistes populaires".
On regrettera comme d'habitude les reflets dans les sous-verre...

Mais on s'extasiera toutefois devant la reproduction du Petit Prince de Monier...
Jusqu'au 13 Septembre seulement. Entrée libre.
08 août 2009
Reflets dans le Marais

Mes pas m'avaient apporté une nouvelle fois dans le Marais et inévitablement dans le Village Saint-Paul. Une porte m'accueillait à bras ouverts, celle de la galerie Hayasaki. Où des photos noir et blanc argentiques de Paris étaient exposées. Très mystérieuses malgré les sujets aisément reconnaissables. Le photogaphe japonais s'est levé de sa chaise et m'a demandé laconiquement "Vous avez compris ?"
« Ce que vous voyez sur cette photo n’est pas un carrousel, mais son reflet », explique Shigeru Asano, photographe japonais épris des lumières et ombres de Paris. Cela fait trente ans qu’il sillonne cette ville. À près de dix mille kilomètres à vol d’oiseau de son Osaka natale, il se sent chez lui dans la capitale française. Il y a trouvé l’atmosphère de mélancolie qui lui manquait à Tokyo, trop éblouissante à son goût.
Jasmina Šopova. Le Courrier de l'Unesco.

Il sillonne Paris avec son appareil argentique et son parapluie. Non, je n'avais pas compris au premier abord ce qui donnait cette atmoshpère onirique aux photos. Beaucoup aimé ses clichés.
Cela ne dure malheureusement que jusqu'au 15 Août. Entrée libre.
Au 12-14 rue des Jardins de Saint-Paul.
Il y a aussi des photos de stars pendant les tournages de Martine Peccoux.
05 août 2009
Les expos oubliées (2/3)
Par acquit de conscience, j'étais allé voir Arthus-Bertrand au Musée Marmottan. Que ça s'appelait Deux photographes académiciens. Wouaw ! Vachement engageant comme titre ! Et le second, Clergue (dont je ne connaissais honteusement pas l'existence) proposait des photos de la Camargue. A priori, bof ! Donc j'y go et je raque 9€ (Putain ! C'est cher, la culture !). Bon, je file voir Paris vu du ciel. Il y a quelques photos et on peut regarder le film assis dans un transat (pas trop confortable). Que dire ? Un peu comme dans la pub : c'est beau, c'est Bosch. Arthus-Bertrand, c'est grand, c'est géant. Bon, d'ac, il peut se trimbaler tranquillos en hélico au-dessus de la capitale. Moi aussi, je prendrais de belles photos vues du ciel.

Puis sans conviction, je monte à l'étage voir les photos de la Camargue de Lucien Clergue et là, le choc ! Je ne m'en remets pas ! Des salles en noir et blanc à faire palir les Monet ternes dans l'escalier. Je suis ébloui par ces photos d'eau.
C’est à un voyage dans un univers poétique et métaphysique sublimé par le traitement en Noir et Blanc auquel nous invite Lucien Clergue au 1er étage du Musée. Ici les vignes et le riz, là le langage des sables, plus loin l’ombre d’un taureau, les flamants morts, la plage, les nus… que dit le pdf de l'expo.
Quant aux nus !!!!!!!!!!!!! Rien à dire. Bouche bée (langue pendante). Le NU ULTIME. Je ne pense pas que l'on puisse faire mieux.
En sortant, j'achète Corps mémorable avec les photos de Clergue et des poémes de Paul Eluard :
ENTRE LA LUNE ET LE SOLEIL
Je te le dis gracieuse et lumineuse
Ta nudité léche mes yeux d'enfant
Et c'est l'extase des chasseurs heureux
D'avoir fat croître un gibier transparent
Qui se dilate en un vase sans eau
Comme une graine à l'ombre d'un caillou
Je te vois arabesque nouée
Aiguille molle à chaque tour d'horloge
Soleil étale au long d'une journée
Rayons tressés nattes de mes plaisirs.
Après ça, je n'étais plus en condition pour aller admirer les Monet au sous-sol.
L'exposition dure jusqu'au 20 Septembre.
12 juillet 2009
Le modèle et la photographe




Allée des Cygnes. 19/06/2009
03 juillet 2009
Nos yeux vont-ils devenir des capteurs ?
Mardi, je suis allé voir l'étrange expo de collages de Max Ernst au Musée d'Orsay et je me suis amusé en voyant tout le monde cliquer les oeuvres à tour de bras (et je me lance la première pierre...). Que vont devenir toutes ces images ? Pourquoi photographier un tableau qui existe en mille exemplaires sur le Net ?





Musée d'Orsay. 30/06/2009
27 juin 2009
Exclusivement féminin
C'est toujours agréable d'aller au Centre Calouste Gulbenkian, avenue d'Iéna, car l'endroit est superbe et les expositions y sont souvent de qualité. A l'instar de Beaubourg ou du Centre Wallonie-Bruxelles qui proposent des expos de femmes, le Centre Gulbenkian présente 100 femmes photographes (Women Photographing Women 1849-2009). Absolument pas féministe, on trouve parmi les 10 thèmes de l'exposition Shopping et Mode, Maternité et "A la maison"... c'est dire... Mais la qualité des photos sont indéniables. Des portraits :

Du charme :

Ou des photos plus sophistiquées :

Le reportage aussi :
Cages sur Falkland Road la nuit. Mary Ellen Mark
Le tout dans un somptueux décor (certaines salles ont été ouvertes spécialement pour l'expo) notamment au rez-de-chaussée.

Entrée libre. Du lundi au vendredi. Jusqu'au 29 Septembre 2009. A voir !
Article connexe : Main tenant
23 mai 2009
Pluie, espoir, chagrin et automne (in french)
Jour de l'Ascension. Je pars à Paris sans trop savoir où je vais. Juste m'évader. Je feuillette Pariscope dans le RER. On sait pas trop ce qui est ouvert ou pas. C'est dans les pages sur "les autres sites à Paris" que je déniche une expo-photo à l'Institut Néerlandais. Cela semble ouvert. Un dénommé Erwin Olaf dont le nom me dit quelque chose. Ça fait un certain temps que je ne suis pas allé à l'Institut. Une bonne occasion. 121 rue de Lille. Le porche. Accueilli au bas de l'escalier par un portrait déjà bien étrange appelé "Nikola" (voir ci-dessous). L'entrée coûte 4€. Il y a des vidéos au sous-sol. Bien madame.

Nikola (Fall). Suus (Fall)
L'exposition s'intitule Rain, Hope, Grief & Fall constituant 4 séries de photos sur chaque thème. Les portraits photographiques du photographe ont une atmosphère particulière propre à l'artiste. Et dans les salons de l'Institut, on dirait les tableaux d'une époque révolue et pourtant très actuelle. Il y a quelques photos de plantes aussi.
Les clichés semblent parfois très banal au premier abord comme La Cuisine (ci-dessous) mais la mise en scène et surtout l'éclairage donnent un caractère très mystérieux à chaque cliché ! Chaque thème est décliné par salle. Après Fall, la série Hope dans la seconde.
La cuisine (Hope)

La salle de classe (Hope)

Le palier (Hope)
Puis Chagrin. Des scénettes pleines d'atmosphère.
Irène (Chagrin).

Barbara (Chagrin).
Dans une dernière salle, une première vidéo assez zarbi a priori. Une servante noire apporte un poulet à six convives compassés. Il est 6h18 et les personnages paraissent s'ennuyer au possible. Malgré l'atmosphère passéïste, les gens ont l'air très modernes.
Au sous-sol, cela ne s'arrange pas. Les vidéos vous interpèlent sans vergogne. Wet. Un jeune éphèbe sous une douche se laisse regarder par une dame d'un certain âge qui finit par ôter son manteau pour s'approcher, hésitant à empoigner le sexe du beau jeune homme qui vient guider sa main. Le Dernier Cri (ci-dessous) se passe à Paris Printemps 2029. Tout semble identique à aujourd'hui jusqu'à l'apparition de deux femmes aux voix distordues, qui viennent boire un café ensemble.
La série Annoyed est un triptyque vidéo en trois salles. J'ai commencé par la 2 (l'ordre n'a pas d'importance). Pas bien compris tout d'abord la scène où une jeune femme sort d'un appartement et hésite à frapper à la porte suivante. La vidéo tourne en boucle. Je suis passé à la 1, un type se lève précipitamment de son lit pour aller chercher un balai, on entend un bruit de fond très agaçant à l'étage. Et au moment où il veut frapper au plafond, le bruit s'arrête ! La 3 est du même acabit, une dame a un mal de tête épouvantable à cause du même bruit. Elle prend un aspirine pour se précipiter doucement au téléphone (un vieux à cadran circulaire) et au dernier moment, le bruit s'arrête. Les trois vidéos s'expliquent alors l'une l'autre. Pourtant, leur coté très banal apparait soudainement mystérieux et improbable. On ne saura jamais la cause du bruit et la synchronisation des personnages est impossible.
Jusq'au 5 Juillet.
30 janvier 2009
La vie en images (immortalisation)




Du coté du Louvre. 25/01/2009
30 décembre 2008
A la recherche du "kâïros", le moment juste...
Dimanche après-midi, j'avais choisi sans conviction d'aller voir l'exposition David Steiner à la Fondation Pierre Bergé. 5€ pour deux salles, c'était pas non plus très engageant mais contre toute attente, j'ai beaucoup apprécié les photos de cet américain mort du SIDA en 1999. Une scénographie claire et nette, une salle obscure (noire) avec ses Early works composés de "corps fragmentés" et de portraits à l'antique ; une salle très blanche avec des nus féminins et masculins ainsi qu'une série d'orchidées floues. En fond sonore, une musique sûrement de John Cage (ou assimilé).
Les photos fragmentées m'ont paru tout d'abord excellentes mais l'idée de découper les images même si elle n'est pas neuve m'a ouvert des horizons. Les portraits (ici Cindy Sherman) étaient très "classiques" mais fort beaux.

Photos du ICP de New York.
Les nus avaient une particularité évidente, expliquée dans une note affichée au mur où Seidner parlait du "moment juste, ce que les grecs appelaient Kaïros... (...) J'aime la confrontation statique / dynamique", disait-il aussi. Je fais remarquer aux dames intéressées qu'il y a des photos d'hommes de face... ;-)

Photos de la MEP.
La série des Orchids flous m'a aussi ouvert un horizon que je commence à explorer avec le flou voulu. Même si je trouve que Seidner aurait dû travailler son cadrage (ce qu'il n'a pas fait volontairement).
On trouvera une visite virtuelle en 3D très performante sur le site de la Fondation.
3 rue Léonce Reynaud. Jusqu'au 1er Février 2009.
28 août 2008
La photographe et les pigeons
J'arpentais les Champs Élysées en sifflant un air de Joe Dassin (euh ! non, là, j'rigole, c'est juste un clin d'oeil...) quand je L'ai vue à la terrasse d'un café, excitée comme une puce et belle comme une pucelle. Que prenait-elle donc en photo avec son appareil-photo plus gros qu'elle ?
Je me suis approché et j'ai aussitôt vu (le bas de son dos puis) les pigeons.

Champs-Élysées. 25/08/2008.