Tous ensemble pour travailler moins en gagnant plus
Dans les écoles, chez les policiers ou les travailleurs sociaux, dans les usines ou les bureaux, chez les jeunes en situation de non-emploi, partout l'on assiste à une aggravation de la violence. Quel sens lui donner ? Peut-on la conjurer ? Comment se déclenche-t-elle ? Quelles sont ses conséquences ? Utilise-t-on les bonnes méthodes pour la traiter ? Issu des travaux de la Commission " Violence, travail, emploi, santé " dirigée par Christophe Dejours, ce livre montre à quel point l'organisation du travail est en cause dans la genèse de la violence sociale, et propose des voies d'action, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise, pour améliorer le " vivre ensemble ".
Conjurer la violence (Travail, violence et santé). Sous la direction de Christophe Dejours
Reconaître l'intérêt de l'activité déontique de l'espace de délibération n'est pas le fait de toutes les directions d'entreprises, d'administrations et de services. Cela suppose d'admettre que travailler, ce n'est pas seulemnt produire, c'est aussi vivre ensemble. Cela suppose d'admettre que les critères d'efficacité de productivité et de rentabilité sont insuffisants pour diriger naturellement une entreprise.
La prévention rationnelle de la violence se joue d'abord au niveau de l'organisation du travail et non au niveau de la gestion ni du droit.
...le sécuritarisme est une réponse erronée au problème de la violence sociale.
Le privilège accordé dans les écoles, à la gestion au détriment du travail contribue à l'évolution de méthodes de direction et d'organisation du travail vers des modalités qui favorisent l'accroissement de la violence.
La chasse systématique aux manifestations de convivialité (...) au seul prétexte de la productivité, conduit à la disparition des réunions spontanées comme ciment de la communication, à la réduction de formes importantes bien qu'informelles de délibération collective, et nuit à la coopération et aux solidarités.