La fragilité d'un témoignage
Hier soir vers 19h15, je suis allé tranquillement à ma réunion du premier lundi du mois à l'Espace Michelet à Athis et j'ai été très bien accueilli par une escouade débonnaire de CRS venus quadriller le quartier pour je ne sais quelle raison. Impressionnant ! Tout le monde était dans la rue pour voir ça. En lisant les journaux ce matin, je suis très étonné par la fragilité d'un témoignage. Les sirènes hurlantes des voitures de police avaient dépassé mon bus. Mais lorsque je suis arrivé à 19h15, le déploiement des CRS s'était fait dans un grand calme très étrange. Les gens, enfants et adultes étaient dans les rues pour voir le spectacle. Pas un ordre guttural, pas de coup de sifflets. Tout était ETRANGEMENT calme, je le répète. Et quand nous sommes repartis vers 19h30, il n'y avait plus de CRS aux abords de la place. Disparus en silence ! Les personnes que j'ai interrogées n'en savaient pas beaucoup plus que moi. D'où ma surprise en lisant le mot "émeute"...




Place Mendés-France. Athis-Mons.19h15 19h30 07/06/2010
Un policier a été mordu à l'entre-jambes, lundi à Athis-Mons (Essonne), après une tentative de contrôle d'une mini moto de type pocket bike, lors duquel des fonctionnaires de police ont été caillassés par une cinquantaine de jeunes gens, a-t-on appris lundi de source policière.
Vers 18h30, deux policiers ont voulu contrôler une personne qui se trouvait sur un pocket bike. Une femme d'une trentaine d'années s'est interposée, appelant les gens qui se trouvaient autour à faire front contre les policiers. Elle a alors mordu l'un des deux fonctionnaires à l'entre-jambes. Un groupe d'une cinquantaine de jeunes a caillassé les deux agents, qui ont appelé du renfort, a souligné cette source policière. Le calme est revenu vers 20h45. Quatre personnes, dont cette femme, ont été interpellées. Excepté le policier mordu, il n'y a pas eu de blessés.
TF1 news
Essonne : échauffourées dans une cité d'Athis-Mons
Un contrôle de police a tourné à l’émeute, hier soir dans la cité du Noyer-Renard. Les forces de l’ordre, caillassées, ont tiré au flash-ball pour se dégager, provoquant la colère des nombreuses mamans présentes. | RéagirFLORENCE MÉRÉO | 08.06.2010, 07h00 Près de 150 personnes sont rassemblées dans la cité du Noyer-Renard à Athis-Mons, hier soir. Des jeunes, mais aussi des mères de famille encore sous le choc de l’intervention de police qui a eu lieu à peine deux heures auparavant. Les policiers et les CRS, eux, font les dernières rondes avant de quitter le quartier, vers 20 h 30.
Mais entre les habitants et les forces de l’ordre, les versions divergent sur les événements qui ont provoqué d’importantes échauffourées.
Pour les premiers, les policiers auraient « foncé » sur les habitants en utilisant flash-balls et bombes lacrymogènes. Pour les seconds, la riposte policière ferait réponse à l’« attaque » des habitants sur les fonctionnaires.
Il est environ 18 heures, hier. Après l’école, des dizaines d’enfants jouent dans le parc, situé juste à côté de l’école élémentaire Flammarion. Un enfant (de 3 ans, selon les uns, de 10 ans, pour les autres) est sur une minimoto quand passent deux motards de la police nationale. Ils tentent de contrôler l’engin. Là, tout dérape. Célia, une habitante du quartier, a assisté à la scène : « Le ton est monté entre les habitants et les motards, et d’un coup, une cinquantaine de policiers sont arrivés. C’était la panique. Tout le monde hurlait car il y avait des tirs de flash-ball de partout. On aurait dit l’apocalypse », raconte cette mère de famille.
« Quand on attaque physiquement des policiers, qu’est-ce que l’on peut faire? » réplique un agent, qui explique qu’une mère de famille a mordu la jambe d’un membre des forces de l’ordre. « Les policiers étaient encerclés par une cinquantaine de jeunes qui les caillassaient », se désole Claude Carillo, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance 91, qui ajoute que « depuis plusieurs mois, il y a une prolifération des minimotos à Athis et les habitants se plaignent. C’est pourquoi nous renforçons les contrôles et saisissons les engins non homologués. » Mais sur place, les habitants ne décolèrent pas, comme Mabrouk*, 19 ans : « Ça fait dix-huit ans que je vis là. Des descentes de police, j’en ai vu, mais des comme ça, jamais. On aurait dit qu’ils tiraient dans un troupeau. » A la suite de l’affrontement, deux policiers ont dû être conduits à l’hôpital pour un contrôle. Deux jeunes majeurs et la femme qui a mordu le policier ont été placés en garde à vue. Hier soir, l’inquiétude était encore palpable : « J’espère que la nuit sera calme », espérait cette jeune maman.
Le Parisien.